“C” by “à decouvrir absolument”

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C, troisième lettre de l’alphabet. C, troisième album du duo Patton. C moitié du X composé d’une fusion entre celui romain et l’étrusque. X comme la détermination de l’interdit. X comme un des déterminants de notre sexe avec Y. Y……je pourrais faire l’alphabet, partant dans une digression surréaliste en écoutant ce troisième album des frère Bodson, le sublime « C ».

« C » disque surréaliste à plus d’un titre, et plus d’un titre l’est. « C » comme un aimant à particules, foisonnant réceptacle dans lequel Sam et Max réalisent un tri, ôtant les scories, les cuticules pour ne garder que des éléments nécessaires à un patchwork complément hétérogènes, mais subtilement lié, totalement cohérent.

Il faudra plusieurs écoutes de ce « C », seul écueil dans cette société qui semble vouloir tellement comprimer le temps que l’alphabet semble s’être résigné à A et Z, comme une classification manichéenne pour comprimer encore plus. « C » au contraire ouvre tout en grand, et vous propose une bouffée d’oxygène pure, un disque d’une liberté presque subversive si on considère que la recherche du beau passe avant toute chose. « C » se présente comme un alliage entre le son des mots et celui de la musique, formant un tout fatalement addictif, car comment ne pas se souhaiter un vent de liberté.

Sur la pochette (recto et verso) les deux frères semblent regarder quelqu’un chose en haut, l’œil tout à la fois mélancolique et rieur, quelque chose qui ressemblerait peut être à un C grand ouvert vers le sol, se transformant en une corne d’abondance qu’ils auraient eux même crée. Une création solide, belle, impossible à retranscrire en mots, car comment vous parler ne serait ce que d’une virgule musicale quand celle ci témoigne à elle seule de l’immensité de la bienveillance mise au service de la musique. Comment vous faire entendre le son du mot craie comme il nous arrive sur le joyeusement solennelle « A la Craie » ? Comment vous inviter dans cette « Plaine » avec comme guide parfait David Grubbs sans oublier de convier les saintes écritures d’un post rock qui ici prend des libertés nouvelles, des chemins de traverses qui nous transpercent comme un orgasme magique. Comment vous parler de « Staples Twine Turf » sans essayer au préalable de percer le secret qui amènera le duo d’un point A à un point A’ (n’oublions jamais que le temps ici vous est offert). Comment vous faire partager le bonheur de « Sheeps, Cows You, I » (le plus beau titre si il fallait en choisir un) ou d’ « Apollo » alors que l’expérience est presque sensorielle dans ce que le mot a de plus profond. Comment vous parler de « Mauve=Blanc » alors que ce sera le titre de fin d’un disque qui pourrait s’appelait O afin de vous suggérer de ne faire qu’une boucle en son sein, chose que nous ferons avec vous bien volontier.

« C » troisième album de Patton, troisième lettre de l’alphabet, point de départ d’une arithmétique lettrée et poétique, éclatante preuve de liberté créatrice ouverte au monde. « C » première lettre de Camoufleur, qui a trouvé en « C » son digne et éclatant successeur. Magnifique

rédigé par Gérald de Oliveira

Indie-Eye on new Patton video !

Indie-eye 15-06-2015

Patton è un trio nato in Belgio a partire dal 1994 e cresciuto intorno ai due fratelli Sam e Max Bodson. Love Boat, il primo Ep pubblicato ufficialmente, viene registrato con l’aiuto del bassista Philippe Koeune e pubblicato nel 1997 dalla Prohibited Records. Usciti nel periodo più florido del post-rock, il suono dei Patton risentiva di quella scena declinandola in modo più angolare ed elettrico. Il primo album arriva nel 2002 sempre per la Prohibited Records, con il titolo di J-R for jaune-rouge. Da questo momento in poi le influenze dei Patton imbarcano suoni del blues rurale anni 30, riformulati secondo la loro estetica, un mix esplosivo che guardava a John Fahey ma anche agli AC/DC. Il suono attuale della band contamina il loro amore per il blues con una serie di pattern elettronici. Dopo Hellénique Chevaleresque Récital, album pubblicato nel 2009, i due fratelli tornano con un nuovo singolo Fossils & Bubbles sempre per la Prohibited Records accompagnato da un video che unisce l’immediatezza dei nuovi dispositivi di ripresa digitale e l’approccio DIY che guarda al Dylan di Subterranean Homesick Blues, in particolare a quella che è diventata la clip del brano, estratta dal lavoro documentaristico di D. A. Pennebaker. I Patton lo citano, probabilmente anche per le radici blues della loro musica ma anche per quello che Max ci ha raccontato: “ho sempre preferito la giustapposizione di parole alle frasi fatte, ed è lo spirito del brano. L’idea delle parole scritte a mano su alcuni pezzi di cartone è di Sam che è l’anima grafica del progetto. Abbiamo registrato con una videocamera portatile, filmando la vita urbana, scene di tutti giorni, alcune catturate sui mezzi pubblici, altre durante i viaggi all’estero. L’idea era quella di dare ai testi il ruolo principale mentre noi interpretiamo una parte secondaria. Mentre giravamo ricordo benissimo lo sguardo dei passanti che si chiedevano se fossimo parte di un collettivo surrealista oppure se fossimo dei senza tetto di nuova generazione” Come ci hanno raccontato Sam e Max, il video di Fossils & Bubbles è stato interamente realizzato da loro cercando di restituire il mood gioioso del brano. L’approccio è quello del film di famiglia. Una forma spontaneistica che il duo non rinnega mai.

Indie-eye15-06-2015 – Michele Faggi